la séparation parentale fait aujourd’hui partie du paysage social. La banalisation de ce phénomène d’éclatement des couples parentaux ne doit pas masquer la souffrance qu’elle peut générer chez chacun des protagonistes.

Pour autant, un divorce ou une séparation a-t-il toujours des effets désastreux sur l’enfant?

Il semble important de rappeler que chaque situation est particulière, chaque séparation est un processus unique qui se déroule au sein d’une famille unique dont les effets sont ressentis différemment pour chaque enfant.

Le Conseil Conseil Social et Environnemental ( CESE) publie dans le journal officiel du 24 octobre 2017 un projet d’avis concernant les conséquences des séparations parentales sur les enfants. En amont de cette synthèse, il pose trois constats:

  • toute séparation n’est pas conflictuelle et le plus souvent les parents s’accordent sur les conditions de l’exercice conjoint de l’autorité parentale et de l’organisation de la vie de l’enfant.
  • en certaines circonstances, la séparation des parents peut être salvatrice pour l’enfant. c’est notamment le cas lorsque l’un des parents est violent.
  • Si des enfants peuvent être en situation de risque dans le contexte de séparation, c’est bien souvent parce que le conflit entre les parents s’est aggravé au point de capter toute leur attention.

Une séparation parentale vient bouleverser le système familial. Elle s’inscrit dans un processus relationnel marqué souvent par des tensions, des conflits. Elle vient réinterroger le mythe  » de la famille unie » et raviver parfois des blessures anciennes. En ce sens, la séparation représente une étape inattendue qui génère de la perte et impose un travail de deuil pour chacun. Ce sentiment de perte vient renforcer les peurs : peur de perdre l’autre, peur de perdre les repères construits, projetés.

Les travaux des thérapeutes familiaux sur cette question nous amènent évidemment à questionner la notion de loyauté qui est mis à l’épreuve dans ce contexte de séparation. La séparation parentale va ainsi venir activer ces loyautés et positionner parfois l’enfant au coeur d’un conflit dont il peut devenir l’enjeu mais aussi un membre actif qui active, renforce et apaise. Cette place qu’il occupe, s’inscrit dans une histoire qui confond celle de la famille avec celle du couple qui la fonde. C’est dans ce contexte que peuvent émerger les symptôme de l’enfant.

La thérapie familiale peut proposer des perspectives thérapeutiques afin de « détrianguler » l’enfant et aider les parents à constituer progressivement une équipe parentale fonctionnelle.